Le képi, la pie et l’hirondelle

(Petite fable)

Près d’une gare
Un képi épie une pie blottit au fond d’un nid posé sur un vieux pont
Blottit au fond d’un nid posé sur un vieux pont, la pie coud
C’est sa manie
Sous le nid dans la ruelle, passe une hirondelle
Une belle hirondelle contractuelle coiffée d’un beau rubis bleu
Jalouse, la pie piaffe, picore
Fait des pirouettes telle une toupie
Elle se dit : « Tant pis, par dépit, je fonds ! »
Du fond la pie coud
Du pont le coup fit fort peur à l’hirondelle
Qui ne vit que du bleu
Mais devint verte, de peur
Rouge, de colère
Blanche, comme un mort
Comme une morte Mickey
Pardon
Comme un mort plutôt
Car l’hirondelle est femme
Si l’hirondelle était homme
On dirait « Hirondelui »
On l’appellerai agent
Agent de Stationnement
Il mettrait des PV
En usant les pavés
A ceux qui en ont bavé
Pour pouvoir stationner mais
Je m’égare, gare
Trop loin de la gare où
En grand professionnel
Le képi agit en sauvant l’hirondelle
Il saisit la pie par la peau des ailes
Et la met en cage pour qu’elle soit plus sage
Dans une cage, pleine de rage, une pie pi pas sage a soif
Une pie pi qui a la pépie, quel pépin !
Et la pie piaffe, piaffe, piaffe
Et la pie piaille, piaille, piaille
En espérant en vain
Qu’un p’tit piaf plein de pité
Vint lui tendre main
Une aile Mickey
Pardon
Une aile plutôt
Car si le piaf avait des mains
On l’appellerait chagrin.

Posté le 4 mars 2009

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