Spectacle vivant

J’ai essayé souvent et longtemps et aux forceps parfois. Mais rien n’y fait : je n’arrive pas à répéter mes spectacles seul. Sans public : pas de Plumo.
Bien sûr je peux travailler une technique, un geste, une musique etc. mais pour ce qui est de faire vivre Plumo : pas question !
J’en parlais récemment avec une charmante jeune femme après l’excellent spectacle de Plumo joué le mercredi 6 janvier à la Bibliothèque les Eaux Claires de Grenoble.
Vraiment, ce spectacle était un pur bonheur ! Tout fonctionnait comme sur des roulettes… Pourquoi ?
Le pire c’est que je ne sais pas trop…
Ou plutôt si : avec l’expérience, j’ai quand même remarqué que Plumo est beaucoup plus à l’aise avec des salles de petites jauges. Disons jusqu’à cent personnes, ça va. Plumo a besoin de sentir le public, d’avoir une vraie connivence avec lui.
Ce jour là, le public était bienveillant avec Plumo. Toujours à l’écoute avec l’envie simple de participer.
Je me suis beaucoup remis en question parfois après tel débordement de spectateurs, après telles moqueries. Mais aujourd’hui je pense que j’ai enfin admis quelque chose : Plumo ne peut pas tout maîtriser. Notamment le comportement de certaines personnes du public…
Tout n’est pas de ta faute Plumo !

Bref, ce jour là : nickel !
Je crois aussi que la ville et les gens de Grenoble réussissent plutôt bien à Plumo. Et l’inverse est vrai aussi bien sûr.
Bon, j’en était où moi ?

Ah oui, je parlais de la charmante jeune femme et de mes difficultés à faire vivre Plumo hors de la présence du public. Je lui avouais – et c’est vraiment quelque chose qui ne doit pas se savoir – que je travaille le spectacle… pendant le spectacle. C’est devant le public que j’affine, je peaufine, regarde ce qui fonctionne ou pas etc. C’est surtout en spectacle que j’apprends à connaître Plumo et ses réactions. Et là, au bout d’environ 85 représentations de spectacles de Plumo (soit dit en passant environ 9000 personnes ont vu Plumo sur scène) et bien je commence juste à connaître un peu mieux sa personnalité, ses traits de caractères.

Alors soyons clairs : tous les spectacles que Plumo donne (« donner » n’est pas vraiment le verbe approprié) ne sont pas de bons spectacles. Mais une chose est sûre : plus il joue et plus il est vivant. Comprenez – car Plumo est un clown – plus il est drôle. Car enfin, la vocation première d’un clown est quand même de faire rire… Ou si vous préférez : plus Plumo joue (plus il s’amuse aussi) et plus vous avez des chances de voir un bon spectacle !

Et donc j’expliquais à cette jolie jeune femme que j’avais quelques scrupules, tout de même, à exprimer cela.
Et là elle me répond du tact au tac :
- Pourquoi ? C’est ça le spectacle vivant ! Le spectacle vit, il se nourrit, il grandit au fil des représentations, des mois, des années d’existences !

Tout de même, c’est fou ce que les jeunes femmes sont perspicaces.
En plus d’être belles…

This entry was posted on Mardi, janvier 12th, 2010 at 23:26 and is filed under spectacle, Vie de Plumo. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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