Brassens chantait :
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère
Je suis derrière…
Et bien moi je dis : Ne jetez rien sur Plumo le Clown, je suis derrière !
Hier Plumo jouait sur une petite commune au pied des Monts du Forez dans la Loire (42). Un évènement organisé par un prestigieux Club pour les enfants de la Communauté de Commune. Une initiative éminemment louable. Outre deux spectacles offerts aux enfants, ce Club leur propose un goûter, des chocolats, papillotes, mandarines, etc. Vraiment une belle initiative !
Mais quand je suis arrivé sur les lieux du spectacle, à la Salle des Fêtes de la dite commune, j’ai tout de suite compris que cela allait être très dur pour Plumo…
La scène était occupée par l’autre compagnie qui avait déjà investi les lieux. Bon, là rien d’extraordinaire : c’est les premiers arrivés qui se servent, c’est logique. Et je ne suis d’ailleurs pas certain que cela ai changé quoi que ce soit pour la suite des évènements. Nous nous sommes donc installé devant la scène, de plein pied face au public : quelques enfants assis à même le sol et quelques deux cent chaises derrière…
Quand Plumo arrive sur scène qu’est-ce qu’il voit ? Les enfants installés carrément sur l’espace de jeu, l’espace scénique de Plumo. Bon ça, c’est encore des choses qui arrivent alors j’ai une petite astuce. Plumo sort un ruban adhésif et délimite, il se crée un espace réservé. En général, ça marche et cela se passe bien par la suite. Mais là, les enfants s’en foutaient complètement de la limite et du cadre tracé par Plumo ! Et mieux même : il décollaient l’adhésif pour le jeter à la figure de Plumo ! C’est rigolo, non ?
Autant vous dire tout de suite que, à plusieurs reprises, Plumo est redevenu moi-même pour essayer de « faire la police » contenir les enfants. Mais en vain, bien sûr. Ce n’est pas à moi et à Plumo de faire ça. Bref, ce « spectacle » devenait compliqué.
Il semblerait que j’aurais dû fermer ma bouche encore car une dame d’un âge respectable – faisant parti de l’organisation – venait me voir après le spectacle et me demande : Pourrais-je vous poser une question indiscrète ? Avez-vous des enfants ?
Bon, comme je ne suis pas complètement stupide, j’entends la question subliminale cachée derrière sa gentille quémande : Savez-vous ce que c’est des enfants ? Des enfants ça bouge, ça crie, ça gesticule, ça rigole, etc.
Pas de peau, j’ai trois enfants (moi, pas Plumo ! Plumo est encore un enfant, il ne peut pas en avoir tout de suite…). Et des garçons en plus ! C’est vous dire si je suis servi ! Et en plus, je suis éducateur sportif au sein d’un club de foot local, j’anime des ateliers clown auprès d’enfants, etc, etc. Bref, je sais à peu près ce que c’est que des enfants. Et bien je peux vous jurer que jamais un seul de mes enfants n’a jamais rien jeté à la tête d’un artiste. Et comme mes propres enfants ne sont pas forcément de petits anges (presque mais pas tout à fait quand même…), s’il leur venait à l’idée de faire une chose pareille, je peux vous dire qu’ils prendraient un sacré coup de pied au cul !!
Vous Madame, je suppose que quand vos petits enfants vous balancent de la purée à la figure, vous rigolez et trouvez ça normal. Vous avez raison, le seuil de ma patience est beaucoup plus bas que le vôtre. Alors j’ai décidé ceci : avant chaque spectacle, je vais envoyer à l’organisateur, une notice jointe avec le contrat stipulant ceci :
Il est formellement interdit de cracher sur le clown, de taper le clown, de jeter n’importe quel ustensile sur le clown, d’injurier le clown, de toucher au matériel et notamment aux instruments de musique du clown !
C’est vrai que c’est quelque chose auquel je n’avais pas pensé en me lançant dans cette aventure clownesque. Et à l’avenir, je sais comment je vais faire : me présenter sur scène avec un casque dur et une armure de fer !
Sinon, retenez bien ceci :
NE JETER RIEN SUR PLUMO, JE SUIS DERRIÈRE
Et moi, je peux effectivement me mettre en colère ! Même si cela ne plaît pas à tout le monde…